Le sexe social


Le Sexe social ou de genre renvoie à la gamme des rôles et rapports déterminés par la société, aux traits de personnalité, aux attitudes, aux comportements, aux valeurs, à l’influence et au pouvoir relatif que la société attribue aux deux sexes en fonction de leurs différences nous explique Denise L. Spitzer, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en genre, migration et santé.

Elle précise que ce genre est d’ordre relationnel; son rôle et ses caractéristiques n’existent pas par eux-mêmes. Toutes les sociétés se divisent en au moins deux catégories de sexe biologique et social, auxquelles un statut inégal est souvent accordé. L’orientation sexuelle, le pays de naissance et d’autres facteurs sociaux donnent aux femmes et aux hommes un statut différent dans la société ce que l’on appelle le sexe social.

L’expression sexe social  est née en 1949 en la définition de Simone de Beauvoir entre sexe biologique inné et sexe social acquis  dans (Le Deuxième Sexe), livre inspirant donnant naissance à cette nouvelle notion en sciences sociales, devenue l’objet principalement des recherches féministes en sociologie, de celles qui s’inspirent notamment du psychanalyste Robert Stoller, qui proposa le terme « gender » afin de distinguer le sexe, donné biologique, et le genre, construit social variable et évolutif. Il s’intéressa également au transsexualisme.

Le sexe biologique est fixé à la naissance, mais les sexe-rôles de genre doivent être acquis selon des stéréotypes définis par les psychologues. Les stéréotypes, en psychologie sociale, signifient les croyances, ou représentations rigides et simplificatrices, généralement partagées par un groupe plus ou moins large et éventuellement par les membres d’une société entière comme on suppose être le cas pour les stéréotypes masculins et féminins. Le dictionnaire de psychologie d’Henri Piéron rajoute que le stéréotype relève souvent du préjugé, il est caricatural et unificateur, les traits attribués étant isolés d’un complexe de traits et les différences et nuances étant souvent ignorées

Roland Pfefferkorn professeur de sociologie à  l’Université March Bloch de Strasbourg, membre du laboratoire CNRS Cultures et Sociétés en Europe nous apporte également quelques repères historiques pour mieux comprendre la naissance de l’étude de l’expression sexe social. « En 1998, Bourdieu fit de la domination masculine un objet d’étude reconnu. Entre-temps se développa la sociologie féministe avec notamment Colette Guillaumin, Nicole-Claude Mathieu, Christine Delphy et Danièle Kergoat. Dans ce mouvement d’émancipation cohabitent deux courants très divers : le différentialisme et le matérialisme. Le premier fait l’éloge de la spécificité féminine, alors que le second pense l’antagonisme, l’oppression, l’inégalité. Après 1968, l’analyse marxiste fut reprise par la sociologie, pour penser l’oppression de la femme au travers de ses concepts, en liant le patriarcat à la production domestique et au capitalisme. Par la suite, le « genre » ou « gender » est devenu le concept élégant fédérateur de cette nouvelle sociologie du sexe social». On peut approfondir le thème en écoutant sa conférence du 4 mai 2010 « Genre et rapports sociaux de sexe »  prononcé dans le cadre d’un séminaire annuel  « Risques et vulnérabilités sociales »  en cliquant http://www.unicaen.fr/recherche/mrsh/forge/4847

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :